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La formation des professionnels du social par les usagers en France et en Europe

Arabesque participe à un projet européen, ELOSH, qui vise la nationalisation d’une formation anglaise àdestination des travailleurs sociaux, dans sept pays européens, dont la France. La particularité de cetteformation est qu’elle est coproduite. Un usager, dit expert par expérience, et un formateur professionnel,sont associés afin de la construire et de l’animer. Le stage de formation vise à ainsi à promouvoirl’empowerment et à valoriser « la coproduction » des services par l’usager, avec l’usager.

Or, si d’une rive à l’autre du Channel ces valeurs sont partagées, les mots pour les exprimer et lespratiques pour les accompagner sont difficilement transposables. S’ajoute à la difficulté un contexteculturel, social et politique qui recèle certaines dissemblances. Si bien que traduire puis transmettre descontenus pédagogiques conçus outre-manche est un vrai défi.

Prenons pour exemple le terme « coproduction ». En France, il ne fait pas sens sans explicationcomplémentaire. Pour les anglais, la coproduction, c’est aller au-delà de la simple participation. C’estdonner les moyens aux usagers de construire véritablement les services dont ils sont bénéficiaires. Etça va même jusqu’à participer à la formation de leurs aidants. Le projet ELOSH a pour ambition d’amenerles pays partenaires à aller aussi loin. Et ce qui frappe, c’est que solliciter un usager pour concevoir etanimer des interventions pédagogiques, ça ne pose de problèmes à quasiment personne, sauf aux grecs, aux italiens et…aux français.

Pourquoi ? Pour le comprendre Arabesque a effectué une étude auprès d’un panel de professionnels etd’usagers. Il en ressort de nombreux freins comme le modèle institutionnel qui conditionne l’asymétrie de la relation entre les professionnels et les usagers. Du côté des usagers, les freins sont pluspragmatiques et sont liés aux peurs de jugement, de prise de parole devant des professionnels ou de ne pas être en mesure de répondre à d’éventuelles questions.

Mais pourtant, les professionnels pensent que le regard d’un usager sur certaines thématiques (projetpersonnalisé, animations collectives, entretien individuel) serait un apport nécessaire pouraméliorer leurs pratiques professionnelles. De plus, les usagers manifestent l’envie de partager leur vécudans les établissements en allant au-delà du témoignage, en travaillant conjointement avec lesprofessionnels dans le cadre d’une formation.

Arabesque souhaite relever le défi et développer une offre de formation conçue et animée par desusagers. Qui mieux qu’eux peut donner son point de vue sur l’accompagnement dont ils bénéficient et proposer des pistes d’amélioration des pratiques ? En déployant le modèle de l’usager expert parexpérience en formation des aidants, Arabesque pourra permettre aux établissements de franchir uneétape supplémentaire menant à la bientraitance.